Coût d’une marchandise selon le besoin

Il y a des objets dont le coût ne dépend que de leur rareté. Aucun travail ne pouvant en élever la quantité, leur valeur ne peut diminuer par suite d’une plus grande profusion. Tels sont les tableaux inestimables, les statuts, les livres et les médailles exceptionnels, les vignobles d’une qualité prospère qu’on ne peut tirer que de certaines sources très peu larges et dont il n’y a par conséquent qu’une somme très bornée. Enfin, une multitude d’autres choses de même nature dont la valeur est complètement indépendante de la quantité de travail qui a été essentielle à leur production initiale. Ce coût dépend juste de la richesse, des saveurs et de la fantaisie de ceux qui ont envie d’avoir de telles choses.

Ils ne classent pourtant qu’une très petite partie des marchandises qu’on troc quotidiennement. Le plus grand nombre des choses que l’on veut avoir étant le résultat de l’industrie, on peut les augmenter, non seulement dans un pays mais dans plusieurs à un ordre auquel il est presque irréalisable d’assigner des limites, toutes les fois qu’on désirera y dédier l’industrie essentielle pour les créer.

Lorsque nous parlons des marchandises, de leur valeur permutable et des principes qui règlent leurs valeurs relatives, nous n’avons en vu que celles de ces objets dont la quantité peut s’augmenter par l’industrie de l’homme dont la production est incitée par la concurrence et n’est opposée par nulle entrave.

« Selon Adam Smith, le vrai prix de chaque chose et ce qu’elle vaut vraiment à la personne qui a besoin de la procurer est l’identique de la peine et de l’encombre qu’il a fallu pour l’avoir. Ce que chaque chose égale certainement pour celui qui l’a obtenue et qui cherche à en avoir ou à le changer pour quelque autre chose, c’est la peine et l’embarras que cette chose peut lui économiser et qu’elle a le pouvoir de repousser sur d’autres personnes. Le travail a été le premier prix, la monnaie initiale avec laquelle tout a été payé. » Et dans un autre lieu, il ajoute : « Dans cette situation brute des sociétés commençantes qui devance l’entassement des capitaux et l’adaptation des terres, la quantité de travail est essentielle pour procurer chaque chose paraît la seule donnée qui puisse mener à poser une règle pour la conversion des uns contre les autres. Par exemple, si dans une population de chasseurs, il en vaut couramment deux fois autant de travail pour chasser un castor ou un cerf, on concédera évidemment deux cerfs pour un castor ou en d’autres mots, un castor vaudra deux cerfs. Il est tout simple que ce qui est d’ordinaire le résultat de deux jours ou de deux heures de travail coûte le double de ce qui ne demande qu’un jour ou une heure de travail.

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